Aujourd' hui, je vous emmène visiter le temple de la Dent de
Bouddha, à Kandy.
Ce temple, ayant été la cible d’un attentat meurtrier l’an dernier, ( en 1998 ) n’est accessible qu’
après de minutieux contrôles fouillés.
Les droits photographiques et vidéographiques sont élevés et le résultat n’est pas garanti, car les salles sont sombres et envahies de pèlerins et de visiteurs.
On aura au moins essayer...
Il y a trois cérémonies par jour mais jamais on ne voit la Dent.
Seul le reliquaire est visible.
Au rez de chaussée une porte de cuivre à deux battants, masquée
d’un rideau s’ouvre aux bonzes et se referme derrière eux. C’est une salle, plutôt un bâtiment à un étage situé au milieu d’une galerie couverte et carrée.
Au premier étage les visiteurs font la queue pour passer devant
la relique enfermée dans six coffrets gigognes, en forme de dagoba ou stupa, dont la valeur augmente à mesure que le format diminue.
La vision dure quelques secondes.
Il y a aussi une salle de prières.
J’ ai pensé à une église chrétienne de par sa forme et son décor.
Un bouddha doré se trouve à la place de l’autel, dans le chœur.
Au mur sont accrochés des tableaux figurant les tribulations de la Dent jusqu’à son arrivée ici, comme le chemin de croix.
Enfin contre les parois de la salle, on trouve des bouddhas assis, tous identiques, avec des offrandes comme les statues des saints et leurs ex - voto.
L’impression n’est pas un silence recueilli, sauf à l’ouverture
du reliquaire, mais plutôt un lieu de rencontres et de babillages.
Avant de quitter Kandy, nous nous sommes promenés aux jardins botaniques de
PERADANIYA, parmi les plus beaux du monde depuis 1821.
En
1371, ce parc était résidence princière. Il couvre environ 60 hectares. Tout y est géant : les fougères, les cannas, les flamboyants et surtout un ficus benjamina de 140 ans. A la maison le
mien a trois ans et mesure allégrement un petit mètre.
Ici il couvre une surface de 1900 m2.
Certaines de ses branches ont repris racines en touchant le sol. Ce qui fait
qu’ en dessous de l’arbre, on est au milieu d’une cathédrale de bois sous une voûte de feuillage vert.
On trouve une forêt de bambous, une allée de palmiers royaux, des cocos fesses des Seychelles, un arbre avec de gros fruits bruns qui poussent en grappes, c’est le
jacquier.
Le fruit se mange en légume cuit dont la chair blanche fait penser au navet.
Dans ce parc nous découvrons une autre particularité : l’arbre aux chauves souris piaillantes.
Ce havre de paix et de nature nous prépare à la dernière étape au bord de l’océan indien à BERUWALA. C’est la
région des pêcheurs qui installent illégalement mais pacifiquement leurs petites maisons entre la route et l’océan. Ils pêchent avec un gros filet qu’ils positionnent grâce à des pirogues à
balancier.
La dernière soirée à Kandy nous a été offerte par " Connaissance de Ceylan " et nous avons pu assister à un
spectacle de danses dans un petit théâtre. Les costumes étaient traditionnels et lumineux, les hommes dansaient avec des masques. La musique des tambours et des flûtes rythmait les figures des
danseurs qui bondissaient en faisant tinter les clochettes et les anneaux de leurs chevilles.
Le spectacle s’est achevé par la marche sur le feu. Cette pratique se perpétue depuis Virgile et Pline.
Des hommes de tous âges, pieds nus, passent calmement ou plus rapidement sur un épais tapis de braises rouges à plus de 500°. Certains font plusieurs passages sans jamais sentir la douleur de la
brûlure.
Sans explication rationnelle, appelons cela un " miracle ".
Nous aurons le temps d’y réfléchir sur la route qui nous conduit au prochain hôtel.
Pendant cette dernière étape nous visiterons un orphelinat des éléphants à PINAWELLA.
Nous avons assisté aux biberons des bébés, 6 litres, 5 fois par jour, avalés
goulûment et âprement jalousés par ceux qui attendent leur tour.
Après le biberon ; le bain.
Les éléphants descendent une ruelle bordée de petites échoppes , dernier
refuge pour les imprudentes restées dans le champs de vision de ces bulldozers à pattes de près de 3 tonnes. Il y a des souvenirs douloureux…
Plus petit mais tout aussi " tendre " c’est le monde des tortues.
C’est une écloserie située en bordure de plage, où la population récupère les œufs pondus avant les prédateurs, afin de les sauvegarder .
Il faut 40 jours à cet œuf rond et mou pour laisser sortir un bébé tortue qui ne sera remis en liberté qu’ après quelques jours.
Petite tortue deviendra grande...
Le centre soigne également les tortues malades ou blessées. Les tortues albinos, entièrement blanches, rares, sont pensionnaires à vie.
Les remettre en mer les conduirait à être une proie facile pour les autres poissons qui les confondent avec leur nourriture.
La tortue étant protégée, le commerce des carapaces et des écailles est
interdit.
Par contre, celui des pierres précieuses est prospère.
Hypocritement ces dames – moi en tête – ont entraîné leurs maris, sur les
conseils de Roger, dans une bijouterie officielle à Kandy, histoire de faire travailler les cartes bancaires. Elles ont bien travaillé !
Un Français gemmologiste nous a expliqué l’exploitation des mines de pierres
précieuses et leurs significations.
Le Rubis est le sang du Dieu ASURA
Le Saphir est le bleu foncé des yeux du Dieu DAITAS, mais on trouve des saphirs
jaunes, roses, blancs ou dorés.
Il y a aussi des grenats
des topazes incolores
jaunes et vert clair
des béryls comme
l’aigue-marine bleu clair ou vert pâle
des
améthystes
des pierres de lune
aux reflets laiteux et nacrés.
C’est comme ça que l’on a vu scintiller à nos doigts de jolies bagues de toutes les couleurs.
Des petits rien qui font tellement plaisir, " qui plaisent aux femmes et aux pies " disent les mauvaises
langues.
Que tous ces messieurs soient ici remerciés d’avoir cédé à nos envies.
La fin du séjour approche à grands pas.
Avant de quitter cette île luxuriante nous partons en balade sur la route côtière en direction du sud, vers GALLE à 116 kms de COLOMBO.
Galle était le premier port du Sri Lanka jusqu’à la fin du XIXème siècle.
La ville ancienne est encerclée de remparts hollandais. C’ était un riche port de commerce du temps du roi Salomon. Les ruelles cachent quelquefois d’anciennes maisons hollandaises. Beaucoup de
dentelles exécutées au coussin et aux fuseaux garnissent les boutiques de souvenirs. C’est un peu comme Saint Malo ou la ville close de Concarneau, derrière les murs de
Vauban.
C’est l’ énième réorganisation de chaque bagage pour essayer de caser au mieux tous les achats, et on ferme définitivement les serrures des sacs, on
poste les dernières cartes postales, on règle les ultimes consommations et direction Colombo sous le soleil enfin.
A l’aéroport, même labyrinthe administratif et douanier, quelques valises sont vérifiées, et hop à 3 h 30 ( heure locale) on décolle !
Il y en a qui n’ont rien vu jusqu’ à Roissy, mais une demi- heure avant d’arriver c’est le ballet des allers - retours jusqu’ aux toilettes, pour renfiler pulls et jeans plus appropriés au
climat français du moment.
De +35°, on passe à +5° mais avec un franc soleil.
Voilà dix jours de vacances bien remplis dans un pays où tout est étonnant :
les animaux captifs chez nous, sont libres, les plantes sont exubérantes, le climat est tropical, l’océan est tiède. Pourtant ce n’est pas le paradis mais il doit y avoir un point
commun.
La nostalgie est déjà là.
Dommage que le bouquet d’ anthuriums et d’ orchidées offert avant le départ de Colombo, n’ait pas tenu longtemps.
A bientôt pour un autre voyage.